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Avec L’adolescence prolongée. Un temps d’accomplissements, Michel Claes signe un essai à la frontière du savoir scientifique et de la réflexion humaniste, qui trouve toute sa place dans un magazine littéraire attentif aux grandes mutations contemporaines. Car derrière l’analyse psychologique se dessine une véritable méditation sur le temps, la transmission et le regard que la société porte sur sa jeunesse.
Loin des diagnostics expéditifs et des discours alarmistes, l’auteur prend le parti de la nuance. Il observe une adolescence qui s’étire, se transforme, résiste aux catégories figées. Ce n’est plus un simple âge de passage, mais un territoire mouvant, habité par des individus en construction, tiraillés entre héritage et devenir. À travers une écriture claire, précise, jamais froide, Michel Claes restitue la profondeur de cette période trop souvent réduite à la crise ou au conflit.
Un essai réussit par Michel Claes
L’essai frappe par sa capacité à faire dialoguer les sciences humaines avec une réflexion presque narrative sur les parcours de vie. L’adolescence devient ici un temps fondateur, celui où se forgent les souvenirs durables, les premières décisions structurantes, les récits intimes qui accompagneront l’adulte tout au long de son existence. En cela, L’adolescence prolongée rejoint une longue tradition littéraire qui voit dans la jeunesse non un désordre à corriger, mais une matière première de l’identité.
Michel Claes s’attache également à démonter les figures récurrentes de l’adolescent problématique, paresseux ou désengagé. Ces images, rappelle-t-il, traversent les siècles et disent souvent plus des peurs adultes que de la réalité des jeunes. L’ouvrage devient alors un contre-récit salutaire, qui redonne à la jeunesse sa complexité, sa pluralité et sa dignité.
L’adolescence prolongée, un temps d’accomplissements
Accessible sans renoncer à l’exigence intellectuelle, L’adolescence prolongée. Un temps d’accomplissements est un essai qui se lit autant pour ce qu’il apprend que pour ce qu’il suggère. Un livre qui invite à ralentir le jugement, à écouter les voix adolescentes et à reconnaître dans cette période prolongée non un symptôme de crise sociale, mais un espace de création, d’élan et de promesses. Une lecture précieuse pour qui s’intéresse aux liens entre littérature, société et devenir humain.


